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Sommaire

Introduction

Le présent essai a pour ambition de faire exploser la baudruche politico-économique (monétaire). Il fait le bilan de l’illusion de papier à laquelle nous nous sommes mis à croire comme s’il s’agissait d’une religion scientifiquement étayée.

Ce leurre est malheureusement bâti sur des sables mouvants et nous avons créé une réalité de papier qui nous ne nous laisse plus le temps de relever les défis quotidiens de notre société. L’équation de base de cet essai est simple et connue de tous : profit = perte. Une simplicité tellement étonnante que peu d’analystes politiques et économiques parviennent à la voir. Pour y parvenir, il faut d’abord nous pencher sur la plus importante de nos conventions politico-économiques et commencer par analyser l’impact (psychologique) de l’argent. Ce n’est pas chose aisée. L’argent est comme une figure mythologique : parfois diabolique, parfois divine. Dans cet essai, nous allons étudier les effets secondaires négatifs de l’argent et les éliminer, faute de quoi c’est notre croyance dans cette illusion qu’est l’argent qui nous détruira.

Il s’avère qu’il s’agit d’une bulle d’air, d’un tour de passe-passe comptable, d’un tour de magie secret. Mais cela n’est pas pour étonner la plupart d’entre vous. J’espère néanmoins que vous serez étonnés et aurez plaisir à lire et découvrir le leurre politico-économique. Des faits et des données que vous connaissiez tous mais dont nous n’avons pratiquement jamais rien fait. Nous allons lever le voile sur cette baudruche qu’est la monnaie et son pouvoir et expliquer la nécessité impérieuse de coopérer dans un effort d’entreprise intégrale pour reconquérir la réalité quotidienne. Revenir à une société plus juste et plus crédible est possible si vous êtes prêts à revendiquer votre place en tant que libre entrepreneur au service de la société.



LA PHILOSOPHIE DE BASE

Notre course individuelle au profit mathématique a un revers :

Une perte sociale, démocratique et économique au détriment des fractions politiquement et économiquement les plus faibles de notre société et au prix d’un appauvrissement et d’une dégradation de notre cadre de vie. *

profit
mathématique sur papier

égale
perte
économique au détriment de l’homme,
de l’environnement et de la société d’ici et maintenant.

*- Le profit mathématique doit bien venir de quelque part. -



Entreprise intégrale

Tant qu’un entrepreneur paye des impôts, il agit apparemment au détriment de lui-même et de la société.

L’entreprise intégrale est une entreprise au service de la société. Tant qu’un entrepreneur se rend dépendant du profit sur papier (récompense illusoire), les pouvoirs publics dirigés par une main invisible l’assujettiront tôt ou tard des lois et règlements sur papier pour rectifier la situation. Nous souffrons d’un retard constant et chronique. La loi sous réserve de misère.

Dans le cas de l’entreprise intégrale, le résultat du travail est la récompense. L’entreprise intégrale est directement liée à la réalité du moment et du lieu présents. Entreprendre, c’est prendre des risques et faire des tentatives. Les choses réussissent parfois plus ou moins bien, mais quelle qu’en soit l’issue, l’important est d’avoir essayé et tiré des enseignements pour faire mieux la prochaine fois et enrichir notre expérience pratique.

Lorsque les individus auront intégré la justice, le bien-être et la prospérité à la société, ils jouiront des bases pour œuvrer comme entrepreneurs intégraux au service de la société. L’entreprise intégrale est la prochaine étape vers une société plus mature n’étant plus dépendante de la récompense sur papier (l’argent) ou de quelque autre carotte.

Bien que notre société semble dans bien des cas livrée à elle-même, des modifications considérables ont lieu en arrière-plan. Si l’humanité choisit de partager les récoltes et les matières premières de notre abondante Terre, nous aurons enfin réussi à donner corps dans la pratique à la liberté, à l’égalité et à la fraternité.

L’entreprise intégrale est la clé d’une société plus juste et plus crédible pour les hommes. Il est temps de laisser derrière nous l’ère de l’aveugle profit sur papier et de nous concentrer sur la pratique et le contenu de la société d’ici et maintenant. De commencer à dresser un Plan Marshall mondial pour garantir à chacun aujourd’hui comme demain l’accès à l’eau potable, à la nourriture, au logement, à l’éducation et aux soins sanitaires.


Chacun est entrepreneur



Conclusion

Une société se basant sur le profit arithmétique et la concurrence mutuelle, est constituée de perdants et de gagnants. Il s’agit d’une bombe à retardement politico-économique qu’il nous faut désamorcer. En prenant comme base la coopération, nous prendrons nos responsabilités propres et ne pourrons plus montrer l’autre du doigt. La démocratie n’est rien d’autre que la prise de responsabilités propres et la coopération. En nous basant en revanche sur le profit, nous manquons de temps pour faire front aux problèmes quotidiens.

L’entreprise intégrale n’est pas un tour de passe-passe pratique sur papier, mais une réalité concrète et la recherche de solutions pratiques pour les défis quotidiens. La grande expérience individuelle et communautaire de la coopération et du partage par l’entreprise intégrale. Entreprendre au service de la société.

Exemple XVII Le circuit de la société d’entreprise intégrale.

Notre actuelle priorité essentielle est un Plan Marshall local, national et mondial pour parvenir et garantir à l’accès pour tous à l’eau potable, à la nourriture, au logement, à l’enseignement et à la santé. Une ambition gigantesque pour laquelle toute aide est la bienvenue. Il nous faut transformer le monde de la concurrence en un monde d’entreprise intégrale par la coopération et le partage. Maitreya et les maîtres de la sagesse peuvent nous aider dans cette transformation. Il suffit de leur demander de paraître publiquement pour nous conseiller et guider dans le plus grand défi de l’humanité : liberté, égalité et fraternité. Paix, justice, prospérité et bien-être pour tous. Car chacun, petit ou grand, jeune ou vieux, est entrepreneur (potentiel) au service de la société.


Post-scriptum

Cet essai est le fruit de plusieurs années de flottement entre vérité abstraite et réalité quotidienne. Mon bon sens m’a dit que l’intérêt sur l’argent n’était qu’une convention mutuelle illusoire qui a engendré un monde en soi et qui s’est finalement retourné contre la société et la démocratie. Il m’aura fallu des années pour intégrer cette vérité abstraite à la réalité politico-économique quotidienne. Je suis passé de périodes de pur capitalisme à un communisme modéré, sachant que l’un comme l’autre comportait une part de vérité. Dans mes moments de découragement, je suis devenu un anarchiste et athéiste ne croyant plus en rien. Un combat de plusieurs années tour à tour intériorisé et extériorisé pour intégrer, petit à petit, les notions de solidarité, de liberté et de responsabilité propre. Ce processus est encore en cours. Je tiens à remercier tous ceux dont les idées et les convictions m’ont inspiré ou m’ont posé des défis.

Une des ouvertures les plus importantes dans ce processus de réflexion a été le film A beautifull mind (Un Homme d’exception) sur le mathématicien et lauréat du prix Nobel en économie (1994), John Nash. À la fin des années quarante, en quête de la dynamique des dirigeants, il finit par écrire Nash-equilibrium. J’ai été charmé par la philosophie d’Adam Smith, mais j’avais le sentiment que quelque chose ne tenait pas dans sa théorie. Le film A beautifull mind a déclenché précisément ce qu’il fallait pour comprendre ce qui n’allait pas dans la théorie d’Adam Smith. Il part du principe qu’en poursuivant l’intérêt propre se crée une concurrence mutuelle qui, finalement, sert l’intérêt général. Dans le film sur la vie de John Nash, il est clair qu’il faut poursuivre simultanément l’intérêt propre et l’intérêt général dans la relation avec les autres (la société). En suivant la théorie d’Adam Smith, nous sommes tôt ou tard dépassés par les événements du fait de nos erreurs par la poursuite de notre intérêt propre (en termes monétaires : le profit). Nash-equilibrium, la théorie mathématique de John Nash, montre qu’il nous faut, ici et maintenant, trouver mutuellement un consensus entre les divers intérêts propres pour que puissent être réalisés, ici et maintenant, l’intérêt général de la société ET les intérêts propres. Seules conditions préalables : ouverture et communication mutuelle, entreprise intégrale et courage de s’aventurer sur des voies nouvelles. J’ai tenté, avec cet échec politico-économique, de rendre visibles les deux mains invisibles d’Adam Smith.

Roquetaillade, le 15 mars 2004

Peter Hoopman

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